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  • Alexandre Moraj

Présentation du roman "Retour au Bercail"

Je souhaite, par cette courte introduction, vous présentez « Retour Au Bercail » un roman actuellement disponible sur les plateformes dédiées à l’autoédition.



Un petit mot sur votre serviteur, ce qui éclaire sur la genèse de cet ouvrage paru au début de l’année 2020.

Décider de vivre de ses écrits n’est pas une décision anodine, un coup de tête. C’est un long processus qui se nourrit des expériences vécues. La lecture, pour se distraire, s’échapper, est le socle qui porte tout écrivain. Et puis un jour on gribouille quelques fadaises qu’on hésite à partager, à vingt ans la timidité l’emporte. La vie quotidienne prend le pas, il faut vivre, travailler pour d’autres, faire son trou. Je suis un enfant des années quatre-vingts, j’en ai des souvenirs contradictoires et complémentaires. La vie dure, la récession économique, les basculements successifs vers de nouveaux horizons inconnus, de la chute du mur au glissement vers un prochain millénaire, l’irruption des crises à répétition, le terrorisme, tout cela enveloppé dans un délire de consommation toujours plus effarant, et bien sûr, ce satané progrès, qu’on adore, qu’on méprise. Des thèmes que vous retrouverez dans mes livres, obsessions lancinantes de cette quête de ce qui m’a fait, et donc ce qui m’amène à écrire sur cela et pas ceci, de cette manière et pas d’une autre.

Tôt, j’ai voulu m’arracher à un avenir sans splendeur, goutant furtivement aux tristes saveurs du travail salarié, celui où l’on fait carrière, à qui l’on doit d’être, la marque sociale pour exister dans le monde. Baluchon, sac à dos, et vive la vie. En Europe d’abord. Enchaînement des pays, pas pour voyager, j’ai toujours eu une sainte horreur des vacances et des voyages où l’on n’est qu’un passager parmi d’autres. Non, partir c’est s’accrocher ailleurs, c’est difficile, on se blesse à embrasser des écueils afin que la tempête ne vous noie pas. Un hôtel, les petites annonces pour bosser, les bars pour décompresser. On creuse, avec plus au moins de vigueur. Je reste un an, deux out trois, tous les métiers du monde pour une vie de migrants volontaires. La fuite comme une arme bien commode pour tout recommencer, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Quoique d’herbe il n’était guère question dans le paysage, j’étais un fils de la ville, de la mégapole, ne sachant m’arracher, à défaut de racines, aux perspectives urbaines qui m’ont vu éclore.

A partager la pauvreté, et pas seulement économique, de tout ce prolétariat jeté ici et là selon les besoins de l’ogre, j’ai goûté, par petites bouchées, aux politiques qu’on pensait neuves. Pas révolutionnaires, disons les vieilles lunes mises au goût du jour. Ah, le monde d’après, on en rêvait déjà, c’était au tournant du siècle, avant le pacte délirant, le tournant sécuritaire, avant septembre 2001.

J’ai affuté des armes toutes politiques, épousé des causes au hasard, avec la conviction des jeunes années que tout sera possible. La vie dans les squats, dans les maisons occupées, de réunions en réunions pour des causes lointaines, les gars sans terre, sans thune, sans rien. On s’y voyait frère comme dans un miroir. Et puis les petites combines, escroqueries au Capital. J’aurai pu être Black Bloc. J’aurai pu être guérilléro, avec un Jihad de retard sur les événements. Des années de bénévolats en Amérique du Sud, dans des associations plus au moins radicales. Et puis l’Afrique, plusieurs années encore. Et le va-et-vient entre ces trois continents, toujours un truc à faire, un camarade à aider, une femme à revoir, un petit article à écrire, de fil en aiguille on acquiert des compétences et des réseaux qu’on monnaie. Cadre dans l’humanitaire, on finit là. Juste le temps de faire un magot, parce que l’envie de tout plaquer et de se retirer, avec femme et enfants, dans un repère verdoyant, en se préparant à la chute dont tous ces cycles qui finissent toujours dans d’amères conséquences ont érigé en inévitables lendemains, cette envie me tient au cœur depuis plusieurs années. Et la découverte, dans tout ce parcours, de la sainte nature, des mondes paysans, de la douce joie, conservatrice, parfois réactionnaire lorsque l’on voit le monde avec des yeux qui savent lire les mensonges dans le grotesque ambiant. De tout ces cycles, il reste les écrits publiés sur legrandsoir.info, pseudonyme Archibald Emorej, une dizaine d’années, l’espoir parfois de renaître dans un journalisme de combat, et d’en vivre. Les armes des réseaux sociaux étaient balbutiantes, et mon implication intermittente.

Je suis revenu en France quelques semaines avant l’affaire des Gilets Jaunes. Ravissement. Et la décision a été ferme, alors, de participer aux changements à venir avec d’autres outils. Et j’ai retravaillé, entre notre installation dans le cœur du Limousin, la maison à rénover, le terrain à rendre productif, mes écrits afin de présenter un peu plus que des moments de distraction.

« Retour au Bercail » est né de tout cela.

Il souffre peut-être du défaut des premiers romans qu’on publie : on y met beaucoup de choses. On veut dire toutes les choses. Que rien n’échappe aux lecteurs. J’ai retravaillé avec des amis sur ce point délicat. Le résultat est correct, je le crois.

« Retour au Bercail » relate donc les quelques semaines d’un humanitaire qui revient à Paris, l’hiver suivant l’élection de Macron. Et revenir c’est tomber dans un interstice étrange, dans un pli de l’espace temps où les choses matérielles sont figées alors que le spirituel, l’émotionnel, la nostalgie conclut par de dures résolutions, vous amènent sur la montagne russe des maniaco-dépressifs.

Sans bouger de son quartier parisien cosmopolite, affreux, puis drôle, puis triste, et tout en même temps, Alban Maillard vous entrainera sur plusieurs continents, vous passerez, survolerez quelques guerres, et partagerez des bribes de son enfance d’enfant de la Dass. Fier, les analyses sont sévères pour ce monde maudit. Mais, penché, titubant vers les vallons de la mélancolie, l’émotion perce, et parfois blesse l’orgueil. Enfin, un humour acide pour masquer une grande humanité, ce grand sentiment qui le pousse, finalement, à toujours fuir.

Je vous souhaite une bonne lecture de ce roman.

Disponible en version e-book en téléchargement,

Ou en version brochée.

Amitiés.

Alexandre Moraj.

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